Ateliers d'Art de France

Concours Ateliers d'Art de France

Pour la 9e année consécutive, le Concours Ateliers d’Art de France révèle la diversité des métiers d’art sur le territoire français, reflète leur dynamisme et leur richesse créatrice. Il est le portrait de l’ensemble des caractères, des signes et savoir-faire de chacune de nos régions.

Les candidats ont la possibilité de concourir avec une œuvre de création ou de patrimoine. Ils obtiennent grâce à l’accompagnement d’Ateliers d’Art de France une visibilité importante tant dans leur région que sur le plan national et international ainsi qu'une dotation de 1000€ pour les lauréats régionaux et 5000€ pour les lauréats nationaux.

Ce sont plus de 300 candidatures qui ont été reçues l’an dernier pour les catégories Patrimoine et Création confondues, dans les 13 régions suivantes : Auvergne Rhône Alpes, Bourgogne Franche-Comté, Bretagne, Centre-Val de Loire, Grand Est, Hauts de France, Ile-de-France, La Réunion, Normandie, Nouvelle Aquitaine, Occitanie, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur. Céramiste, verrier d’art, créateur textile, vannier, plumassier, ébéniste d’art… Le panel des savoir-faire est toujours aussi vaste. Il en dit long sur l’incomparable richesse de ces métiers d’exception.

Plaquette de présentation du Concours Ateliers d'Art de France

 

Les lauréats nationaux 2020 :

Mathieu Gillet - sculpteur, dinandier - Catégorie Création

Quand Mathieu Gillet opère sur le métal avec des outils de dinanderie, il le fait à sa manière. Quitte à recourir aux méthodes japonaises, à des techniques de bijouterie ou à faire dialoguer le métal avec d'autres matériaux. Après une formation en gravure ornementale à l'école Boulle, il a découvert à Tokyo une autre approche du métal. « En France, les dinandiers travaillent par tradition sur une seule feuille de métal. Au Japon, le dinandier peut produire des sphères ou des sculptures, en repoussant le métal, en le chauffant localement ou en rajoutant de la matière », explique ce jeune homme de 29 ans qui a aussi travaillé comme dessinateur de bijoux. Il a imaginé à Monteux près de Carpentras un lieu collaboratif, l'Atelier GM, qui héberge une communauté de sculpteurs sur pierre. Ils y sondent ensemble la question de l'habitat ou du patrimoine et de la préservation des savoir-faire. En parallèle de ses sculptures, Mathieu Gillet réalise du mobilier. Son séjour au Japon l'a sensibilisé au principe du kintsugi (les défauts donnent de la valeur à la pièce). A la perfection du geste, il préfère aujourd'hui la charge émotionnelle : moins d'ornementation, plus de sensibilité, tel est son credo dans la mise en forme de meubles.

   

C'est ainsi que la table Physio se réduit à une ligne pure, pleinement organique. Elle ne jure pas par la perfection mais par les traces de vie absorbées par la matière. Mathieu Gillet a récupéré le plateau en noyer d'une table au piétement abîmé. Soucieux de lui donne une deuxième vie, il a réalisé un piétement de métal avec les techniques de la dinanderie. « J'ai déjà associé le métal à de la résine et à du béton, mais le bois est idéal ». Le plateau en noyer a été poncé à la filasse jusqu'à se tanner comme un cuir, tandis que le cuivre martelé de la structure, aux soudures apparentes, habille la pièce à la façon d'un vêtement de haute couture. Certaines parties du métal sont nues, sans patine, pour que l'utilisateur y dépose ses propres marques de main. « Cela développe un lien entre l'homme et l'objet, impose un sentiment de sérénité, apporte une réponse à l'obsolescence programmée ». En guise de finition, le cuivre, souple, a été retreint sur le plateau pour le sertir comme un bijou. Jusqu'à ce que bois et métal s'interpénètrent. Mariant simplicité et noblesse, Physio est prête à défier le temps.

La table Physio a été présentée du 27 juin au 4 juillet 2020 à l'Ecole Escoulen d'Aiguines, dans le cadre de l'exposition consacrée aux pièces sélectionnées par Ateliers d'Art de France pour la région PACA. L'école de tournage sur bois Jean-Francois Escoulen héberge des stagiaires tout au long de l'année. Elle accueille aussi le séminaire de collaboration entre métiers d'art "L'Art et la Matière", organisé en partenariat avec Ateliers d'Art de France.

 

Stéphane Leroux – Compagnon Charpentier - Catégorie Patrimoine

Compagnon charpentier, apprenti dès l'âge de 14 ans, Stéphane Leroux apprécie chaque étape de son métier : l'étude du chantier, le taillage de la charpente pièce par pièce à l'atelier puis le levage, spectaculaire, « qui constitue toujours un choc visuel ». A Nogent-le-Bernard, Stéphane Leroux a repris l'entreprise familiale créée par son père en 1964. Spécialisée dans la restauration du patrimoine civil et religieux, celle-ci intervient notamment auprès des manoirs dont le département de la Sarthe est particulièrement riche. « Nous restaurons les charpentes à l'identique avec les techniques anciennes et les moyens d'aujourd'hui. Les outils contemporains nous permettent de résoudre, dans le respect du travail traditionnel, des problématiques que les anciens ne savaient pas régler ». Restituer ex nihilo la charpente à l'impériale d’un des pavillons du manoir de Verdigné datant de 1590 relevait du défi. « C'était un travail exceptionnel qui n'arrive qu'une fois dans la vie d'un charpentier. Sans l'expérience acquise lors de mon tour de France de compagnon, je n'aurais pas réalisé cet ouvrage dans les mêmes conditions ! ».

   

Le manoir de Verdigné est un ensemble de bâtiments fortifié au XVIe siècle et flanqué de quatre pavillons défensifs. Une photo datée de 1890 atteste que le pavillon nord-est était à l'origine coiffé d'un dôme à l'impériale. Contrairement à une coupole classique, ce dôme est déterminé à sa base par une courbe convexe, prolongée d'une contrecourbe concave. De plus, la charpente est asymétrique car posée sur les maçonneries du pavillon au plan bastionné. « Il s'agissait donc de raccorder sur des arêtes rectilignes des versants irréguliers », précise Stéphane Leroux. « Sablières », « arêtiers », « chevrons formant ferme » … ont été taillés en atelier, dans du chêne local, à partir d'épures tracées au sol. Les pièces ont été numérotées, comme dans un jeu de construction. Stéphane Leroux et son équipe ont ensuite procédé sur site à l'assemblage et au levage de la charpente. Couvert d'ardoise, ce dôme conçu pour durer des siècles magnifie son asymétrie dans l'élégance de l'architecture Renaissance.

Découvrez en vidéo ce travail de rénovation 

 

Les lauréats régionaux 2020 :

  • Auvergne Rhône Alpes : Cathy Marre lauréate régionale dans la catégorie création pour son œuvre « Org ». Carole Meigne lauréate régionale dans la catégorie patrimoine pour son œuvre « L’ordre du jour – Eric Vuillard ».
  • Bourgogne Franche Comte : Sandrine Beaudun lauréate régionale dans la catégorie création pour son œuvre « Arbre de Vie n°2 ».
  • Bretagne : Claire Barbier lauréate régionale dans la catégorie création pour son œuvre « Vers les fauves ».
  • Centre Val De Loire : Manon Lacoste lauréate régionale dans la catégorie création pour son œuvre « Cercles de songe ».
  • Grand Est : Gregory Pierson lauréat régional dans la catégorie création pour son œuvre « Lampe SAIGON ». Denis Hazeaux lauréat régional dans la catégorie patrimoine pour son œuvre "Copie d'une chaise égyptienne du Nouvel Empire (1500 ans avant J.C.). Pièce originale au Musée du Louvre depuis 1830".
   

  • Hauts De France : Elodie Derache lauréate régionale dans la catégorie création pour son œuvre « Prolifération ».
  • Ile De France : Karl Mazlo lauréat régional dans la catégorie création pour son œuvre « Ondes grises ». Anaïde Fleig lauréate régionale dans la catégorie patrimoine pour son œuvre « Texaco ».
  • Normandie : Maxime Pagnon lauréat régional dans la catégorie création pour son œuvre « Le banc sushi ».
  • Nouvelle Aquitaine : Laura Cambon lauréate régionale dans la catégorie création pour son œuvre « Panneau Feuillages ». Sabine Halm lauréate régionale dans la catégorie patrimoine pour son œuvre « 200000+ ».
  • Occitanie : Jonathan Soulié lauréat régional dans la catégorie création pour son œuvre « Fragrance ». Marie-Catherine Massé lauréate régionale dans la catégorie patrimoine pour son œuvre "un enfer pour Notre Dame".
  • Provence Alpes Côtes d’Azur : Mathieu Gillet lauréat régional dans la catégorie création pour son œuvre « Physio ».
  • Pays De Loire : Anne Leroux lauréate régionale dans la catégorie création pour son œuvre « Veinée d’argent ».

 

Témoignages des lauréats nationaux 2019 :

   

"Suite à l'obtention du prix, j’ai eu rapidement de nombreuses commandes qui se sont étalées sur plusieurs mois. Des commandes notamment pour des particuliers mais également des demandes de studio d’architecture d'intérieure pour la création de deux consoles pour le Four Seasons de Megève et 8 pièces destinées à un Palace en Espagne qui verra le jour fin septembre.
D'autres projets sont à venir, comme la création d'une pièce unique pour une galerie parisienne pour la fin d’année 2020 et des pièces pour des particuliers début 2021.
Une année riche, qui se conclut également par le développement de mon projet Emmaüs UP, avec l'ouverture d'un atelier animé par la designer Claire Martin, destiné au travail du textile, toujours en collaboration avec les compagnons d’Emmaüs." 
Mathisse Dalstein, lauréat national du Concours Ateliers d'Art de France 2019 dans la catégorie Création

 

"Participer au concours Ateliers d’Art de France était pour moi un véritable challenge et m’a permis de rencontrer un grand nombre de magnifiques artisans d’art. L’obtention du prix national dans la catégorie Patrimoine m’a apporté une belle visibilité médiatique notamment par le biais de publications d’articles et de portraits dans plusieurs magasines renommés tels que L’Objet d’art, Connaissance des Arts, La Lettre du Musicien et très prochainement avec la publication d’une analyse d’œuvre dans le magazine Ateliers d’Art ainsi qu’une contribution au guide pratique Hachette consacré à la France (parution nov. 2020).

J’ai également l’opportunité de participer à l’exposition « Matières à l’œuvre - matière à penser, manière de faire » organisée par l’INMA à la Galerie des Gobelins dans le cadre des JEMA 2021 (initialement prévue en avril 2020).

   

Enfin, le développement économique de mon atelier ne cesse de croitre grâce à l’affermissement d’une clientèle de professionnels partout en France mais également en Europe et à l’international." 
Matéo Crémades, lauréat national du Concours Ateliers d'Art de France 2019 dans la catégorie Patrimoine

 

Pour Participer :
Le concours est ouvert à tous les professionnels des métiers d’art, exerçant sur le sol français et dont l'atelier est situé dans la région pour laquelle ils postulent.
Les participants ont la possibilité de présenter une œuvre de création ou de patrimoine, réalisée ou restaurée en solo ou en duo, après le 1er janvier 2018, qui n’a pas encore été primée pour un autre concours.
Les pièces sont évaluées sur leur caractère remarquable, la maîtrise du savoir-faire mise en œuvre et la démarche artistique proposée.

Les prix :
Au printemps 2020, un jury sélectionnera les lauréats régionaux dans les catégories « Création » et « Patrimoine ». Chacun sera récompensé d’une dotation de 1 000 €. Dans chaque région, des expositions seront organisées pour présenter les œuvres sélectionnées.
A l’automne, les lauréats régionaux bénéficieront d’une exposition collective sur un salon international, afin de valoriser leur travail et de les faire connaître au plus grand nombre. Un prix national « Création » et un prix national « Patrimoine » seront décernés par un jury de professionnels à l’un des lauréats régionaux de chaque catégorie. Chacun des lauréats nationaux recevra une dotation de 5 000 €.