Ateliers d'Art de France

Delphine Dollez, lauréate 2019 Concours Ateliers d’Art De France Région Grand Est Catégorie : Patrimoine

Delphine Dollez - Restauratrice de tableaux | Lauréate Concours Ateliers d’Art De France Région Grand Est | Catégorie : Patrimoine

Son parcours

Formée à l’école de restauration-conservation du patrimoine de Condé (à Lyon puis à Paris), elle intervient sur les biens de particuliers et d’antiquaires, mais développe surtout son expertise dans la restauration de toiles de grand format, notamment des tableaux conservés dans les églises lorraines, à Thionville ou à Metz. Aujourd’hui à la tête de l’atelier qui porte son nom, Delphine Dollez envisage chaque restauration comme une histoire singulière, pour laquelle elle définit un protocole et des techniques sur mesure.

Son travail de restauration

En 2018, la restauration du tableau « Le Christ couronnant Sainte-Thérèse d’Avila » l’a littéralement engagée dans une aventure exceptionnelle, artistique tout autant qu’humaine. Car dans cette huile sur toile du XVIIème siècle, tout est hors norme : les dimensions, 2,20 par 2,70 mètres, comme la signature, celle d’une élève de Le Brun, « religieuse qui plus est, à une époque où la peinture était interdite aux femmes ! ». Oublié pendant quarante ans derrière une armoire du Carmel de Plappeville, le tableau est réapparu à la faveur de travaux, source de joie pour les religieuses résolues à sauvegarder leur patrimoine. Sur l’oeuvre très endommagée, Delphine Dollez a effectué un premier travail de décrassage et de dévernissage. Décrochée de son cadre vermoulu, la toile est retendue sur un châssis plus résistant en bois et aluminium. Il faut ensuite combler les « lacunes » (les trous), poser des pièces de renfort et reprendre les motifs originaux avec des couleurs apposées cm² par cm². « Toutes les retouches sont dites illusionnistes, invisibles de près comme de loin, de façon à donner à la pièce toute sa lisibilité. Quant aux matériaux utilisés, ils sont stables dans le temps mais réversibles », rappelle Delphine Dollez qui a procédé à la restauration dans la chapelle même, soit 240 heures de travail, sous le regard des seize carmélites qui ont accueilli l’accrochage comme un cadeau du ciel, « un moment imposant, religieux, émouvant… ».