Ateliers d'Art de France

Mathilde Quinchez, lauréate 2019 Concours Ateliers d’Art De France Région Pays de la Loire Catégorie : Création

Mathilde Quinchez - créatrice de bijoux | Lauréate Concours Ateliers d’Art De France Région Pays de la Loire | Catégorie : Création

Son parcours

Mathilde Quinchez réinterprète ses trouvailles, feuilles, graines, insectes, dans des bijoux sobres aux formes organiques. Après une formation en bijouterie contemporaine et huit ans de pratique à Paris, elle rejoint Nantes. « J’avais besoin d’une région où la nature, inspirante, est plus présente, mais aussi de la force que procure la proximité de l’océan et de la Loire ». Elle a d’abord intégré un collectif d’artisans d’art, le 67, avant d’ouvrir il y a deux ans un atelier-boutique dans le quartier Graslin. Situé sur la « ligne verte », un parcours qui dessert des oeuvres d’art disséminées dans l’espace public, l’atelier est un lieu de rencontres.

Sa technique

Mathilde Quinchez y poursuit une démarche artistique initiée à Paris, en créant « des bijoux à porter au quotidien, si légers qu’ils semblent faire partie du corps ». Pendentifs et boucles d’oreilles sont façonnés en métal précieux, principalement en argent que la créatrice noircit avec une patine à base de soufre pour des effets plus graphiques. Structurés comme de petits mobiles, ils reposent tous sur un délicat jeu d’équilibre. Mais pour en percevoir les motifs, parfois imperceptibles, il faut « s’approcher, observer et même prendre le bijou dans sa main ».

Sa pièce lauréate

Derrière son nom savant d’insecte, Zygoptère est une pièce plus ambivalente qu’il n’y paraît. Sa surface ajourée à la manière d’une dentelle semble grignotée sur les bords comme si la pièce avait été exposée à l’usure du temps. « En constellant le bijou de petits trous, percés à la main à l’aide de forets minuscules, j’explore les limites de l’argent, jusqu’au point de rupture ».

La lumière qui traverse cette matière désormais méconnaissable accentue les contrastes entre les vides et les pleins. Mais est-ce une amande, une coquille ou une aile de libellule ? Le modèle importe peu, tant que la forme suscite son lot d’interprétations. « J’adore les histoires que les clientes projettent sur mes pièces, cela leur donne une dimension plus personnelle », avoue Mathilde Quinchez. Faite pour être portée en sautoir au bout d’une longue chaîne, cette pièce en mouvement, précise et floue à la fois, appelle inévitablement la caresse, « comme un galet rapporté de la plage ».